Conduire un bus de transport en commun dans la ville de Lubumbashi ne coûte presque rien à qui veut oser. Surtout, pas quand on sait manier le volant et qu’on a eu la prudence d’adhérer à la Mucc ou à l’Acco, la mutuelle et l’association des chauffeurs de la RDC. Mais ce qui sidère, c’est plus le langage cru et souvent insolent, et la mentalité commune aux chauffeurs. Mais la police surprend aussi, sur les routes !
Loin des taxis, rarement dans les querelles avec les passagers, des bus privés renferment des chauffeurs insolents. La majorité ne sait que rouler. Souvent pas de politesse, pas de savoir vivre. On ne sait comment, analphabètes et diplômés, même d’universités, finissent par se confondre dans ce trafic public entre les mains des privés. Et très vite, on ne peut plus les distinguer. Ils deviennent badauds, et insultent facilement, où ils pouvaient répondre doucement.
Le transport en commun, loin de la puissance publique
La réalité ferait penser à une ville sans gouvernant. Pourtant, Lubumbashi a un maire et une administration autour de lui. La police, celle de la circulation routière, est aussi au four et au moulin, sauf pour inspirer la présence de l’Etat. Pas étonnant de la voir au cours d’une dispute, d’un accident, ou d’insultes avec chauffeurs.
A dire vrai, les policiers au contrôle de la circulation routière et les chauffeurs, tout comme leurs convoyeurs, semblent tous d’une seule famille, de même mère. Entre amateurisme et illégalité, ces acteurs de notre quotidien peuvent facilement se comporter en chat et souris et parfois en frères jumeaux. Ils se détestent mais se rendent les comptes. Comme lorsqu’ils se saluent pour se glisser des billets d’argents, des pots de vins qui valent l’œil fermé sur excès de vitesse, stationnements risqué, on ivresse au volant.
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Les infractions, cela dépend du degré de connaissance
Au final, il n’y a d’infraction que pour les moins offrants, ou les inconnus. Pourtant, pareilles attitudes devraient faire l’objet d’interpellations policières, parfois musclée, pour atteinte à l’ordre public. Mais on le sait, des tranquilles passants sont morts à Lubumbashi, cognés par des chauffeurs et policiers de roulage se disputant le volant ou la clé de contact, pour une interpellation contestée. L’Etat est sans doute en crise, à tout point de vue.
La conséquence sociale est grave dans Lubumbashi, rien qu’à considérer qu’il n’est pas rare d’entendre, journellement, d’insultes crues, sous l’œil impuissant et complice des policiers. Ainsi se normalise l’anormal.
Eric Cibamba









