Des postes ministériels de trop, et des signes de manque de rigueur. Analyse sans complaisance du gouvernement de Sylvestre Ilunga Ilunkamba par Kyungu Shimbi de l’Université de Lubumbashi. Mais au-delà des limites qu’il relève, il croit possible le changement avec la nouvelle équipe sous Félix Tshisekedi.
Déjà à sa publication à 5h du matin, le gouvernement de Sylvestre Ilunkamba met fin à la tradition de publication du soir contrairement à ceux de ses prédécesseurs. Cette nouvelle équipe sous la présidence de Félix Tshisekedi, présente plus des nouvelles figures.
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Ce qui, visiblement, est « une réponse positive » au changement promis par la coalition CACH (Cap vers le Changement), analyse le politologue Kyungu Shimbi de l’Université de Lubumbashi. Manifestement, le président entend ainsi dire sa rupture avec les caciques du régime de l’ancien président Joseph Kabila.
Changement oui et rupture de mentalité ?
Désormais, commente Kyungu Shimbi, il n’y a plus de « ministres éternels ». « Avec Kabila, rappelle-t-il, on a atteint l’autre extrême. Finalement l’opinion générale n’était plus d’accord avec ces genres des ministres et a souhaité le changement avec de nouvelles figures ».
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Mais la question qui demeure, chez plusieurs Congolais depuis la sortie de ce gouvernement, c’est de savoir s’il y a vraiment rupture. Parmi les 66 membres du nouveau gouvernement, on compte des compétences reconnues. Certains ont été ministres, le cas de Thomas Luhaka, Ngoyi Mukena, ou Steve Mbikayi. D’autres ont assuré des fonctions importantes dans l’administration publique ou les cabinets notamment le nouveau ministre des finances. Il a avait travaillé avec le premier ministre Matata Mponyo qui vente ses qualités, sous Joseph Kabila.
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Ordonnance n• 19/077 du 26 août 2019, portant nomination des Vices-Premiers ministres, des Ministres d’Etat, des Ministres, des Ministres délégués et des Vices-ministres.
(pages 5-6) pic.twitter.com/gqxcrJA3Vr— Présidence RDC 🇨🇩 (@Presidence_RDC) August 26, 2019
Pour Kyungu Shimbi, il se pose cependant un problème mentalité des acteurs publics congolais. Il pense à priori que le profil de certains ne mérite pas. L’ONG Asadho l’a dit elle aussi, aussitôt le gouvernement publié. « Il y a des gens qui ont été réputés des corruptibles dans leur ancien secteur », explique Kyungu Shimbi, sans donner de noms précis. Et de se demander ensuite comment le service de renseignement a pu les laisser filtrer. Si non, martèle-t-ils « ils ne peuvent pas l’être » [être ministres, Ndlr]. Il croit tout de même à un possible changement. « Il faut leur donner le bénéfice de temps. Ils ont été corrompus hier, mais aujourd’hui ils peuvent changer », conclut le politologue.
Des postes superflus, déficit de rigueur pour Félix Tshisekedi?
A la veille de la publication du gouvernement de Sylvestre Ilunga, le gouvernement était annoncé à 65 membres. Les postes étaient répartis au départ, entre le Front commun pour le Congo (FCC) de Joseph Kabila et le CACH de Félix Tshisekedi. Mais le lundi, le gouvernement comptait un ministre de plus : 66 personnes. « C’est un gouvernement éléphantesque », estime l’analyste Kyungu Shimbi, comme le pensent d’ailleurs beaucoup d’autres Congolais.
Il constate par ailleurs que les ministères importants sont restés les même. Mais en plus, « de petits postes » ont été créés tout autour. Ministres délégués, ministres d’Etat, ministres près, qui sont selon lui, des postes « superfétatoires qu’on peut bien supprimer ». Pour lui, dès lors, le changement avec ce nouveau gouvernement, à ce niveau, est réussi de façon partielle. Sur les figures des acteurs.
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Mais au niveau de son effectif, il porte les faiblesses qui pourront marquer la présidence de Félix Tshisekedi. « Le Président avait déjà donné les signaux de manque de rigueur. Et cela s’est manifesté dans son cabinet qui, du reste, est aussi éléphantesque avec des postes fantaisistes. Et ça s’est répercuté sur la forme du gouvernement », analyse Kyungu Shimbi.
Désormais, il reste à voir à l’œuvre la nouvelle équipe gouvernementale pour en savoir plus sur le changement. Ebola persiste dans l’Ets de la RDC, où en plus, les violences armées ne cessent pas depuis deux décennies. D’autres défis sont aussi, d’après les urgences que le président a annoncées après son installation, la relance des infrastructures de base ainsi que la lutte contre la corruption.
Arsène Bikina













