La page Jean-Claude Kazemba, gouverneur du Haut-Katanga destitué par les députés le 18 avril, se ferme à Lubumbashi, ou presque. Le ministre Pande Kapopo a été désigné pour assumer l’intérim jusqu’à l’élection du nouveau gouverneur
Cette décision signe l’irréversibilité de la destitution du gouverneur, accusé de gestion opaque de la province par les députés. Jean-Claude Kazembe traine encore à Kinshasa où, la veille de sa destitution, il allait « en consultation avec sa hiérarchie », officiellement. Mais plusieurs personnes pensent qu’il courait chercher quelque soutien parmi les ténors du pouvoir.
Pande gouverneur intérimaire, et le PPRD avance
« Le ministre provincial Pande Kapopo a été désigné pour assumer l’intérim du gouverneur », a indiqué dimanche 23 avril, une source proche du ministre. Information confirmée par plusieurs sources dont le député Ngoy wa Ngoy étonné, comme nombreux à Lubumbashi, par cette désignation.
Le protocole veut, en effet, que le ministre de l’intérieur prenne préséance. Mais la circulaire « venue de Kinshasa », indiquent nos sources sans préciser le signataire, montre que le PPRD, parti présidentiel, préfère contrôler désormais la province. De quoi énerver certains même au sein du camp au pouvoir : « C’est une République ou une clique d’amis ? » s’indigne un cadre de la Majorité.
Kasongo Kibale, ministre de l’intérieur du Haut-Katanga, est issu de l’Unafec aile dissidente du parti de Gabriel Kyungu qui a basculé dans l’opposition. Cela semble jouer en défaveur de l’intérim par cet ancien Commissaire spécial adjoint de la même province, entre 2015 et 2016.
Jean-Claude Kazembe passe
Une semaine après sa destitution, le gouverneur Jean-Claude Kazembe qui dénonce toujours un complot contre lui, n’a toujours pas déposé sa démission comme le veut la loi. Ni lui, ni son adjointe qui a démissionné peu avant le vote des députés, n’a été repêché. Kinshasa semble les écarter en vue de passer la crise. Les deux ne s’entaient guère.
Alors que la RDC semble entrer dans une phase confuse de la crise politique née de l’expiration du dernier mandat constitution du président Kabila, Lubumbashi représente d’importants enjeux pour le régime. Base-arrière traditionnelle de Joseph Kabila qui annonçait « venir s’y reposer », une fois « repu de politique à Kinshasa », la ville est devenue aussi le siège d’une opposition des plus dures actuellement en RDC. Une opposition nourrie par Gabriel Kyungu, Moïse Katumbi et leurs proches, d’anciens alliés du président Kabila.











