Pas de marche le 30 novembre à Lubumbashi, à l’appel de l’opposition. Mais la ville a été très militarisée dès le matin, contribuant ainsi à propager la psychose. Le droit de manifester, analyse le politologue Pascal Mpange, est pourtant considéré comme moyen de défouler les frustrations.
Dès le jeudi matin, plusieurs militaires et policiers, armés, ont investi les grands axes routiers et les points chauds de Lubumbashi. La pluie tombée tôt le matin, continuait en même temps de menacer, toute la journée.
Forte militarisation de Lubumbashi
Mais cela n’a pas empêché les gens de circuler normalement. Le centre-ville, ordinairement sécurisé les jours des marches de l’opposition, a pris plutôt l’air d’une ville morte. Mais les commerces ont ouvert normalement, dès huit heures.
A Matshipisha, point de contestation pro-UDPS, parti membre du Rassemblement qui a appelé à manifester le 30 novembre, la police et l’armée étaient présentes en grand nombre aussi. C’est en dépit de quelques tensions, les manifestants voulant disperser les vendeurs qui ont ouvert au marché de Mimbulu.
Pareil, dans la chaude commune de Kenya, fief de l’opposant Gabriel Kyungu, le président du Rassemblement dans l’ancien Katanga. Rien à signaler de ce côté-là, à part une présence inhabituelle des soldats et militaires.
Droit de manifester, une soupape de sécurité
La veille des manifestations appelées par l’opposition en RDC, le maire de Lubumbashi a rappelé l’interdiction de manifester sans son autorisation. La même décision a été prise à Kinshasa, à Mbuji-Mayi ou encore à Goma, dans le Nord-Kivu. Ces marches visent à dénoncer le calendrier électoral qui fixe au 24 décembre la présidentielle, très loin pour l’opposition. Mais aussi, à demander au président Joseph Kabila dont le mandat a expiré il y a près d’un an, à quitter le pouvoir.
Faut-il craindre des violences à mesure que se multiplient les interdictions des manifestations pour l’opposition ? Le politologue Pascal Mpange, professeur à l’Université de Lubumbashi, pense à propos que manifester soulage les populations. Vous pouvez regarder un extrait de l’interview accordée Vox Congo, un programme radio pro-démocratie de l’ONG Internews.
Didier Makal










