Les deux s’inspirent couramment, toujours dans le rêve ou souci de s’influencer. Les citoyens congolais, généralement plein dans la caricature des faits politiques ou des politiciens, sont parfois de vrais artistes.
Les seconds, rivalisant de belles langues et formules, s’improvisent de temps en temps dans les arts. Il faut partir de l’actualité, en cette fin octobre 2020. Une formule fait du succès : « maître nageur », ou ses variantes du genre « apprendre à nager ». Dans ce billet, on se limitera à cette seule notion.
Maître nageur
Très vif dans son parler, Jean-Marc Kabund qui assure l’intérim du président de l’UDPS devenu président de la RDC, Félix Tshisekedi, est taquin. Au plus fort des tensions interminables entre son parti et la majorité parlementaire de Joseph Kabila, il lançait un ultimatum en 2019…
« Je ne veux pas que, demain, des gens apprennent à nager dans le Fleuve Congo », avertissait-il le FCC, le 13 novembre 2019. Il dénonçait alors le blocage de l’action du président Tshisekedi par la coalition de son allié Joseph Kabila.
Mais lorsque, à cause de ses critiques, Kabund a perdu son siège de premier vice-président de l’Assemblée nationale, ses détracteurs sont devenus plus rieurs. Le maître nageur s’est noyé, pouvait-on lire sur les réseaux sociaux.
Nager, pour fuite vers l’étranger
Membre de l’UDPS, lui aussi, Augustin Kabuya revenait en janvier 2020, sur la même formule. « Si le chef de l’État donne seulement un mot d’ordre, les gens vont nager comme l’avait dit Jean-Marc Kabund », lançait-il.
Beaucoup de citoyens congolais s’amusent à répéter que l’on passe à la nage pour la majorité de Joseph Kabila. C’est-à-dire, une traque qui ferait fuir des personnes soupçonnées de crimes.
Pourtant vous avez été averti et lorsque jean marc Kabund leur demandait d’apprendre à nager, ils se moquaient de lui comme à l’époque biblique où l’on se moquait de Noé. https://t.co/TjxW41lBId
— Panatsho (@pena410) October 20, 2020
Mais la formule apprendre à nager, Nager, ou maître nageur demeure. Elle est de plus en plus présente dans les discussions autour de l’avenir de la coalition de Joseph Kabila qui visiblement, ne plaît plus à Félix Tshisekedi.
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Nager, dès lors, prend le sens de fuire le Congo, pour y avoir commis des crimes avant le nouveau régime. Nager, parce que la porte de fuite la plus à la portée de Kinshasa, c’est Brazzaville, au Congo voisin. Or, il faut pour y arriver sauf, savoir justement non pas voguer, mais se débrouiller à la nage.
C’est supposé qu’en situation tendue, de fuite, les moyens de transport ordinaires seront devenus difficiles d’accès, voire dangereux. La nage, tout autant périlleuse qu’elle soit, étant alors l’alternative la plus à la portée.
Artistes, ces citoyens congolais rieurs !
D’où les appels à s’entraîner dès aujourd’hui. C’est un appel à réguler sa parole, son intervention dans un régime qu’on ne contrôle plus seul. N’est-ce pas artistique, ces expressions ?
Alors, il vaut mieux que ce billet note le fait que la RDC, et particulièrement la capitale Kinshasa, soit un atelier d’art à ciel ouvert. Ses citoyens regardent souvent des évènements, avec des yeux pleins d’inspiration et de créativité.
Tout cela, faudra-t-il oser l’affirmer péremptoirement, pourrait bien servir d’une sorte de catharsis dans ce pays où il est parfois plus facile d’être pessimiste que le contraire. Râleurs, les Congolais le sont; on sait pourtant que peu, qu’ils sont aussi des rieurs.










